Subjective Slave

Subjective Slave is the debut album by Cédric Dambrain. Moving away from his early work as a composer of music for instruments with live electronics, he delivers ten tracks of computer-generated material spanning a wide sonic palette, from anarchic electronics to surgical otoacoustic synthscapes (sounds emitted in the inner ear by a vibration of the cochlea). As the record’s title refers to human beings’ inclination to create in themselves the conditions of their own alienation, the music oscillates between sound as (outer) phenomena and sound as (inner) experience, transforming the listener’s body into the space of the perception. Happening simultaneously inside and outside, the context of the listening becomes a place for self-knowledge and ecstasy.

Mastered by Denis Blackham at Skye Mastering, in a limited edition of 500 handnumbered copies. Packaged in a deep black foil bag, with a 15×15 cm printed visual featuring all the dark secrets your pareidolic visions may shape.

ROLE001CD – November 2013
Music written and produced by Cédric Dambrain.

Listening to Dambrain’s Subjective Slave is like entering a black hole.

The uncompromising first seconds of Splace Genesis hit you in the face like a tornado of frequencies warning you that this music is as physical as it is physiological and that you might not escape the experience unharmed.

Unlike many noise artists nowadays limiting themselves in a blast of uncontrolled feedbacks, Dambrain’s musical vision most certainly propose an accurate understanding of structures and a real fascination for the perceptual dimensions of sound phenomena.

The second composition, Ee Duct Con, takes the listeners into a vortex of otoacoustic textures and makes you understand that you are in presence of a strong and unique artistic persona. A couple of minutes later, The Fhn Vsion fills the space with its rich and complex electronic drones sounding like fieldrecordings of a lost cybernetic factory.
Although often blasting sonic violences, Subjective Slave features an accurate sense for complex textural qualities and an extremely detailed density during the whole record as the ten compositions follow each other very naturally and result in a magnificent grand mosaic of electronic music. The most impressive pieces of the album, Ee Duct On, Another You, the longest piece Lake R.09 and the closing Purrlwa propose spectacular otoacoustic emissions, making sound dancing right inside your head if played at an adequate volume. These moments are the record’s finest and confirm Dambrain as a highly interesting and original electronic music composer, a personality informed by the pioneering works of Maryanne Amacher but clearly proposing his very own take on experimental electronic music while being concerned with the perceptual and physical phenomena of the sonic matter.

At times ferocious and wild, but at its most radical during the psychoacoustic moments, sharp and precise like the surgeon’s knife, Subjective Slave is an intense aural experience and an impressive audio work. »

Zapatos, The Hidden Offline Reviews, 2014

Nous avons déjà croisé Cédric Dambrain l’an dernier, lors du Bozar Electronic Art Festival de Bruxelles, mais nous n’avions pas encore écouté cet album pourtant sorti un an plus tôt. S’il s’agit bien du même homme, rien à voir d’un point de vu musical entre cet album solo et le concert qu’il donnait en duo avec Gerrit Nulens, percussionniste de l’Ensemble Ictus. Subjective Slave est son premier album, mais aussi la première référence du label Roughledge dont il est également responsable.

À Bruxelles, la musique de Cédric Dambrain était largement marquée par un style très techno, puissante, rentre dedans. Entre le nom du label et son packaging, une pochette plastique d’un noir opaque, on s’attendait bien à trouver ici quelque chose de complètement différent, a priori bien bruitiste. S’il y a un peu de ça dans Subjective Slave, l’album se révèle être finalement plein de surprises en s’aventurant dans des approches variées, mais toujours aussi exigeantes.
Alors oui bien sûr, l’ouverture que constitue Splace Genesis était attendue avec son lot de déflagrations sonores, ses martèlements frénétiques, ses distorsions numériques, cette impression de deviner au sein de ce magma sonore quelques samples vocaux déformés, mais le Belge va bien au delà de la simple texture bruitiste. Le son est riche, plein de vie, ça fuse dans tous les sens, c’est à la fois violent et beau.
Et puisque l’album alterne de façon assez régulière entre pièces bruitistes et autres expérimentations sonores, on notera dans un registre proche le duel entre basses vrombissantes et résonances métalliques de The Fhn Vsion, les tonalités saturées, crissements et mitraillages numériques du très abstrait Hyper Soul 2031, ou encore Protoae 67 Orgies dont le son, très proche du morceau d’ouverture s’estompe au fil de sa progression.

D’un autre côté donc, nous avons des pièces telles que Ee Duct Con, la première du genre, pleine de finesse avec son mélange de tintements, piaillements électroniques et autres tonalités ondulantes. Cédric Dambrain travaille ici avec des sons très aigus, donnant l’impression de sculpter des pierres précieuses afin d’en révéler toute la lumière. À l’image de ses pièces sombres et bruitistes, il revient très régulièrement sur ce style que l’on n’attendait pas, usant par exemple de fines résonances métalliques et peut-être d’instruments acoustiques sur Lake R_09.
Ce sont des micro crépitements devenant progressivement plus linéaires qui font le jeu de Another You et nous font penser à une nuit à la campagne, parsemée de bruits d’insectes alors que le caudal Purrlwa évoque plutôt une sorte de piaillement d’oiseaux joué à l’infini, en boucle, avec parfois quelques cassures, comme des chutes du volume sonore.

Difficile à classer, ce premier album de Cédric Dambrain est éclectique mais cohérent, avec une musique exigeante, pointue, tour à tour violente et poétique.

Fabrice ALLARD
le 15/11/2015

http://www.etherreal.com/spip.php?article5225